Le Vert d’Ô au jour le jour : la construction

La construction du Vert d’Ô a débutée en mars, vous allez enfin tout savoir sur l’avancée du projet…

La plus grosse partie du travail réalisée jusqu’à maintenant est quelque peu ingrate dans le sens où ce travail ne se voit pas forcément dans l’atelier.

Tout d’abord il a fallu rentrer en contact avec le cabinet d’architecte. La relation qu’ils ont avec nous est primordiale, puisque chaque point doit être abordée pour régler d’éventuelles ambiguïtés.

Nous avons également contacté plusieurs fournisseurs, discuté sur les prix et la qualité des essences, avant que les matériaux nous soient livrés.

Mais attention, une fois les premières commandes livrées, la coque du Vert d’Ô ne va pas se monter en un clin d’œil. Il faut d’abord construire le bâti avec toute la précision possible.

Le bâti a plusieurs fonctions :

– Compenser les défauts de niveau du sol de l’atelier.

– Fixer les couples (nous en reparlerons plus tard) nécessaires à la fabrication de la coque.

Les bastings ont été dégauchis et rabotés, assemblés ensuite. La structure est calée à niveau et fixée dans le béton. Et plusieurs vérifications n’ont pas été de trop, sous l’œil averti et vigilant de Domingo.


Et première petite énigme : comment mettre notre bâti de niveau, avec une ficelle et trois cales d’un centimètre d’épaisseur ? Vous ne voyez pas ? Alors nous allons tenter une explication en quelques lignes :

Tendez la ficelle sur la longueur du bâti et fixez-la aux extrémités avec deux clous. Deux cales d’un centimètre serviront à surélever la ficelle à ces mêmes extrémités. La troisième cale fait également un centimètre d’épaisseur. Il suffit de la glisser le long du bâti et aux endroits où le bâti a « fléchi » il reste un espace entre la cale et la ficelle. A nous de caler le bâti pour que la cale « baladeuse » effleure la ficelle tout le long du bâti.

C’est sûr, dis comme ça, ça ressemble un peu à une recette de cuisine de grand-mère, mais cette méthode est vraiment précise et fait des merveilles !!!

Pendant ce temps là, que ce passait-t-il en salle informatique ?

Eh bien Léo travaillait sur les plans numériques des couples. Ceux-ci seront découpés à l’aide du centre d’usinage à commande numérique. Pour les néophytes, les couples serviront à donner au bateau sa forme finale. Les lattes seront plaquées sur ces couples. La précision de la découpe et leur positionnement sont donc très importants.

Nous avions décidé de consacrer notre première semaine de vacances à la suite du projet. Le bâti était prêt lorsque nous avons commencé la semaine.

Les deux premiers jours, nous avons débité nos 7 madriers de Red Cedar en 200 petites lattes !!! Travail de longue haleine…

Le jour suivant, pendant que d’autres membres du projet s’occupaient de passer les 200 lattes à la dégauchisseuse et à la raboteuse, les couples étaient découpés sur la commande numérique par Léo.

La fin de la semaine a été également chargée puisque nous avons fixé les couples au bâti, et débité les lattes d’acajou et de frêne qui serviront à la réalisation des membrures en lamellé-collé.

Les couples, tracés, sont dans un premier temps positionnés sur le bâti (photo précédente). Installés et renforcés, l’intervalle entre chacun est respecté au milimètre grace au contre plaqué (photos suivantes).

Le bâti fin prêt, nous continuons la tâche de fond : le débit encore et toujours. L’acajou, l’iroko, ainsi que le frêne ont donc encore fait souffrir les machines cette semaine.

Nous vous avions laissé avec le débit, nous somme de retour avec une nouvelle recette de grand-mère : la purée d’époxy.

Alors vous prenez une bonne dose de résine époxy (évidemment, quand nous parlons de bonne dose, tout est mesuré au gramme près, pas d’approximatif dans cette étape)

Mélangez en proportion le catalyseur. Vous observez alors que votre mélange n’a pas du tout la consistance de la purée. Qu’à cela ne tienne, rajoutez (toujours dans les proportions) un mélange de farine de bois et de silice à 50% chacun en volume, et mélangez de nouveau afin d’éliminer les grumeaux.

Trêve de plaisanteries, l’étape suivant le débit a été, vous l’aurez compris, de commencer par quelques tests de collage afin de trouver les proportions idéales de charge dans la résine. Les charges sont incorporées à la résine afin d’augmenter la viscosité. En effet, le mélange résine/catalyseur reste très fluide. Il est impossible de s’en servir comme colle sous cet état. Les charges de silice et fibres de bois n’ont pas d’influence majeure sur la résistance lors du collage, cependant elles permettent un confort de travail fort appréciable. Toutes les références sur la résine utilisée, les charges etc… sont à la page lien.

Mais pourquoi utiliser de la colle époxy ? Tout simplement parce que la colle vinylique se dissout à l’eau…or nous avons bien l’intention de mettre notre bateau à l’eau !!!

Et qu’avons nous fait de cette colle : des membrures !!!!
Et oui, contrairement à ce que beaucoup de personnes passant dans l’atelier pensent, les couples en contreplaqué fixés sur le bâti ne sont pas des pièces que l’on retrouvera dans le bateau. Ils servent uniquement de support aux membrures…et les membrures c’est quoi ? Démonstration :

Comme vous pouvez le constater elles n’ont pas toutes la même forme. En tout nous avons 12 membrures. Parmi elles, 2 sont fermées (image du haut) et sont appelées des porques. Ce sont les membrures qui seront situées juste en dessous du mât du bateau. Les porques sont donc fermés afin d’encaisser les efforts du pied de mât sur le pont. Ils sont réalisés par lamellé-collé (d’où l’époxy) de frêne et d’acajou, les lattes étant alternées pour l’esthétique.

Toutes les autres membrures sont réalisées en acajou, qui possède une bonne résistance aux agressions du milieu marin.

Le bordé en red cedar n’est pas en reste puisqu’après avoir séché pendant 2 mois sous forme de lattes, elles ont été scarfées, c’est-à-dire que l’on a réalisé un biseau à l’une des extrémités. Ce biseau permet d’augmenter la surface de collage. En effet, si l’on collait les lattes bout à bout sans biseau, elles seraient beaucoup plus fragiles. Ici, l’endroit ou est réalisé le collage est même plus résistant que les lattes elles-mêmes. Evidemment, nous n’avons pas scarfé les lattes du bordé pour le plaisir, mais afin de diminuer les coûts, nous avons passé commande de nos six avivés de red cedar dans une longueur standard, qui n’était évidemment pas celle du bateau. Les lattes étaient donc trop courtes, mais c’était prévu !!!

A noter que toutes les lattes de red-cedar n’ont pas la même densité. Elles ont donc été triées et nous avons collé les lattes de même densité ensemble. De même, afin d’augmenter la stabilité du bateau, nous tenterons de fixer les lattes les plus lourdes dans les bas, et les plus légères en remontant vers le pont.

Après avoir débité les profils à la commande numérique, la phase de réalisation des couples et porques peut débuter. La technique utilisée n’est ni plus ni moins que celle du lamellé collé. On alterne les lattes d’acajou et de frêne.

Préparation de la charge

Comme vous avez pu le constater sur les photos précédentes, l’ensemble est collé grâce à des serre-joints. Ce travail de fond a nécessité, espace, patience et minutie. Nous avons pu réaliser l’ensemble de ce travail lors du mois d’août. Démoulé, les éléments de structure sont passés à la calibreuse pour enlever la résine des chants des pièces et obtenir l’épaisseur correcte de ces pièces.

Poncée, l’ossature du bateau est magnifique.

Dans le même temps, nous avons pu nous attaquer au tableau arrière. Nous avons apposé sur un contre-plaqué marine un plaquage d ‘Acajou. Après avoir démoulé les membrures, nous avons pu former les rajouts nécessaires pour consolider la structure et reprendre parfaitement les courbes du bateau. Ce travail a nécessité beaucoup de patience. En effet, il fallait cintrer des plis de frêne et d’acajou de petites dimensions. Les rajouts ont donc été fait étape par étape.

Sur les photos précédentes vous pouvez apercevoir les rajouts positionnés sur les membrures. Sur les deux dernières photos on peut se rendre compte du travail de cintrage et de la minutie que cette étape représente.

Collées, poncées, et usinées à la toupie, les membrures peuvent enfin être positionnées sur le bâti.

Et oui, comme on peut le voir sur la photo précédente beaucoup de copeaux ont du être évacué certainement autant que de sueur.

Avant de poser les membrures sur le bâti, il nous faut coller des rajouts. Cela permettra de pouvoir réaliser des entailles pour le positionnement de la quille ou la serre-bauquière.

Voilà comment ont été collé les rajouts. Des serre-joints permettent de maintenir l’ensemble

Collées, les membrures sont poncées puis usiné à la toupie afin d’affiner le travail. Cette étape a nécessite de nombreuses précaution de sécurité et de mise en place du poste de travail.

L’ensemble de ces opérations faites, les membrures peuvent être positionnées sur le bâti. A cette étape de la construction nous avons enfin pu mettre une image sur la qualité esthétique de l’ossature du bateau. L’alternance de plis de Frêne et d’Acajou donnent une touche visuelle extrêmement intéressante.

Les couples sont alors positionnés sur les contres-plaqués. Un travail de minutie débute. Les membrures et porques doivent être positionnés au millimètre afin de réduire les défauts de formes au maximum et faciliter ainsi le ragréage.

Après cette longue étape, le ragréage des membrures peut débuter. L’intérêt de cette opération est de ré usiné ces pièces afin qu’elles reprennent les formes des CP (exacts car débités à la Commande Numérique.) Dans le même temps, un autre groupe d’étudiants peut débiter les plis de quille et commencer le marquage de cette pièce primordiale pour l’ossature

Marquée, débitée, et positionnée sur les membrures, la quille peut être formée. Les trois plis sont positionnés sur l’ossature, puis collés avec de la résine le tout pressé par des serre-joints.

L

Après avoir enlevé l’ensemble des serre-joints, nous avons pu débuter le ragréage de l’ensemble des membrures et de la quille. Cette opération étant nécessaire avant de pouvoir positionner la serre-bauquière et les bordées de red cedar.

La suite au prochain épisode !!!

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Une Réponse to “Le Vert d’Ô au jour le jour : la construction”

  1. Bravo à vous les gars!!
    Bon courage, joli projet !!

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